En argentique, au moins on est fixé, c’est N&B ou couleur jusqu’à la fin de la pelloche. En digital, c’est plus compliqué. Le fichier est nativement en couleurs. Mais il nécessite de passer par Lightroom, ou tout autre logiciel d’édition. Et à ce moment là, on a toujours le choix.
Dans mon cas, la question se pose avec d’autant plus d’acuité que je shoote la plupart du temps en RAW, un format dont j’apprécie la souplesse. A l’inverse du JPEG, qui est déjà une interprétation des données recueillies au déclenchement - avec l’avantage d’avoir de suite une photo contrastée et saturée ce qu’il faut - le RAW impose de passer par la case “développement”. Qui est souvent, pour quelqu’un de sujet au doute, la case “prise de tête”.
J’ai déjà du mal à choisir chaque matin entre un 35 et un 50mm. Alors choisir pour chaque photo que je traite dans Lightroom entre la couleur et le N&B, c’est une torture.
Il m’arrive d’ailleurs de partir avec un M digital, mais de mettre des filtres colorés sur mes objectifs, comme je le fais en argentique, pour ne pas avoir à me prendre la tête une fois devant l’ordi.
La photo est voilée de jaune, d’orange ou de rouge, selon le filtre. Donc inutilisable en couleurs… mais bien contrastée comme j’aime en N&B. Et avec de la “matière” dans les cieux de milieu de journée. Comme ce jour de visite en plein cagnard, à NYC, en septembre dernier.
A noter, avec un filtre jaune léger, la teinte donnée à la photo peut passer presque inaperçue et même donner un petit côté vintage au cliché.