#Leica M6, #Noctilux f1, #Film #Ilford #XP2, #NYC
Les doigts boudinés mais d’une agilité démoniaque, ce papy venait jouer un peu d’accordéon aux personnes attablées dans Little Italy. Des airs romantiques pour les amoureux, la musique du Parrain pour les autres. Il est venu nous interpréter je ne sais plus quoi, on a échangé quelques mots après. Il nous a dit qu’il était d’origine russe, mais il a fui quand je lui ai demandé, en russe, s’il le parlait encore. Il a continué sa tournée. Cette même tristesse dans le regard.
Techniquement, le Noctilux permet de saisir la scène alors qu’on n’y voit goutte. Et de donner, à f1, un joli bokeh avec les guirlandes. C’est d’ailleurs elles qui m’ont fait prendre l’appareil. Avec les optiques ultralumineuses, il vaut parfois mieux trouver le bokeh d’abord et attendre que le sujet s’y inscrive.
PS: mon scanner Plustek est toujours en rade, la faute à des drivers pourris et à un SAV à la rue. Mon dernier mail date d’il y a 3 semaines, il est toujours sans réponse. J’avais juste oublié de publier cette photo, scannée avant le crash de la bête.
#Leica, #Summilux M 35mm f1.4 asph., #Ilford XP2
La richesse tonale du N&B argentique, en haut, reste inégalée. Même après pas mal de boulot à l’édition, le cliché digital, en bas, reste comparativement un peu gris.
Pour la photo de central park, j’ai exposé dans les ombres parce que la XP2 encaisse bien la lumière. J’ai composé autour de l’axe central de l’allée, j’ai fermé jusque f11 pour maximiser la profondeur de champ.
Avec un si beau cadre, j’aurais pu attendre un vrai premier plan - môme qui court, jupe qui passe - mais je ne voulais pas gonfler mes proches, qui subissent déjà un mitraillage en règles 90% du temps.
Celle du bas recherche le même type de rendu, avec beaucoup de détails dans les différentes matières présentes, et une silhouette pour l’échelle. En digital, on peut aussi exposer pour les ombres, mais c’est moins vital. Dans un DNG on a plus ou moins six diaph de latitude d’exposition et des détails enregistrés même dans des parties en apparence très sous exposées.
(#Leica M6, Color Skopar 21mm f4, #Ilford XP2)
Là, il a fallu travailler un peu le fichier d’origine, sorti un peu gris, la faute au soleil de face qui a bien plombé le contraste. Pour le reste, je voulais que le soleil et la mappemonde soient en balance parce qu’au fond je suis grave un poète.
J’ai oublié, en revanche, de faire le pas de coté à gauche, qui aurait fait coïncider la compo dans le viseur et la réalité. C’est un des vrais désavantages du télémétrique par rapport au reflex, le viseur est décentré: les compositions qui reposent sur des alignements sont ficelle à réussir. Surtout en argentique. La preuve: un des anneaux du globe mort très légèrement sur le gratte-ciel alors que dans le viseur, il ne faisait que l’effleurer. J’aime quand même bien le résultat.
(#Leica M6, Voigtlander Color Skopar 21mm f4, Ilford XP2)
Des lignes, des reflets, un grand angle et hop, me direz vous. Certes, mais il faut aussi le viseur qui va avec, puisque le M6 ne descend pas en dessous de 28mm. Et que pour ce type d’effet, un 28mm c’est un peu juste.
Les viseurs Voigtländer ont l’avantage de ne pas coûter un bras et d’offrir une visée suffisamment claire avec le cadre lumineux qui va bien. Une fois qu’on a glissé la bête sur la griffe porte-flash, il faut apprendre à faire l’expo dans le viseur du M6 avant de cadrer avec le viseur externe. Pour la mise au point, vues les distances et la profondeur de champ (là on est à f16 de mémoire), on met tout sur l’infini et on n’y pense plus. C’est un coup à prendre, mais ça devient vite naturel.
(#Leica, Color Skopar 21mm f4, #Film #Photography, #NYC)
Je me mets doucement au scan des 8-10 bobines faites aux Etats-Unis. L’Optic Film 7600i de Plustek fait son office. C’est un scanner dédié au 24*36, avec un passe vues à chargement manuel. C’est quand même moins galère qu’un scan à plat, je trouve. Et la bestiole est plutôt rapide.
Après, même en 3600 dpi, on reste loin de la qualité du tirage. Le résultat n’a toutefois rien de honteux.
Je vais poster dans les jours qui viennent des photos d’architecture prises au M6 avec un Color Skopar 21mm f4, super petit objo pour ce type de travail, et de l’Ilford XP2.
Cette émulsion, qui n’a pas bonne presse, a deux défauts: ses négas se rayent facilement et elle coûte cher, dans les 7-8 euros. Pour le reste, c’est du bonheur: on peut changer la sensibilité à la volée, la latitude d’exposition est immense, le contraste marqué est top et ça se développe - tadaaaaah! - dans les minilabs grand public.
C’est un film chromogénique, qui fait du N&B avec la même technologie que les films couleurs. Il arrive d’ailleurs que les photos ressortent avec des noirs légèrement bleus ou verts, selon le degré d’incompétence des labos auxquels vous les aurez confiés. Mais ça n’a rien de dérangeant, ça a même souvent de la gueule.
Je poste simultanément une photo prise au M9, avec le Summilux, pour un résultat in fine assez proche avec un kit genre 8 fois plus cher. :-/
(#NYC, NY, septembre 2011, #Leica M9, #Summilux M 35mm f1.4.
Le parallèle entre les restes de la jetée et les gratte ciel m’a semblé intéressant. Le problème était, une fois encore les lumières hyper crues du début d’après-midi. J’ai donc monté mon filtre jaune, je suis passé en RAW pour garder de la souplesse et j’ai (sous) exposé pour garder de la matière dans l’eau.
En post-traitement, j’ai bien assombri les pilotis, mais j’ai gardé de la nuance en arrière-plan. Rétrospectivement, j’aurais peut-être dû noircir les buildings pour renforcer le parallèle.
(NYC, NY, septembre 2011; #Leica M9, #Summilux M 35mm f1.4)
Les ombres, j’adore, à l’envers, je préfère. C’est plus drôle à composer et l’ordinaire devient vite inquiétant. (Accessoirement, ça m’évitait une photo du Brooklyn Bridge avec des haubans plein partout.)
La difficulté tient dans la recherche des lignes qui structurent la composition: en inversé c’est plus coton. En l’espèce, la ligne blanche m’a bien rendu service. A l’édition, j’ai poussé le contraste comme d’habitude, pour approcher le rendu de la XP2 et de la Tri-X poussée, mes deux émulsions préférées.
(#NYC, NY, septembre 2011; #Leica M9, #Summilux 35mm f1.4 asph, iso 160, f16, 1/750 s.; filtre jaune moyen)
J’ai essayé de faire jouer le contraste entre la silhouette de gauche, super relax, et les passants qui se baladent sur les bords de l’Hudson. Je voulais juste que le gars tourne la tête vers la/les silhouettes au second plan. Après plusieurs essais, j’ai fini par avoir un jogger dans une pose dynamique, qui donne une cohérence à la photo.
Techniquement le diaphragme est fermé à mort pour avoir une profondeur de champ maximale. Et j’avais gardé le filtre jaune moyen pour éviter que les hautes lumières soient cramées.

En théorie, même pour du paysage ou du paysage urbain, inclure un personnage dans le cadre, c’est mieux. Ne serait ce que pour des questions d’échelle. Là pourtant, je préfère la version vide, plus évocatrice à mon goût. C’est un des charmes de la photo, il y a des tas de règles et des tas de fois où elles ne s’appliquent pas.

(Dans les deux cas, NYC, NY, septembre 2011; Leica M9, Summilux M 35mm f1.4 asph. Iso 250, f16, 1/180 s.)
Avant de commencer à publier la partie argentique - prise au M6 - de mon récent voyage aux Etats-Unis, je vais redonner ici, moitié par flemme, moitié parce que j’ai envie de les commenter, mes photos favorites de la partie “digitale” - faite au M9.
Celle là, c’est un clin d’oeil à Winogrand, qui était un génie de la street-photography en N&B, probablement un peu dépassé par son art - il aura laissé 6500 pelloches exposées non-développées. Un promeneur infatigable, amateur de jolies femmes. Un type bien aussi, si l’on en croit les témoignages sur son compte ou les ressources disponibles en ligne à son sujet.
Je me suis ruiné pour mettre la main sur son livre Figments from the real world, qui reste une somme, près de 20 ans après sa publication.
Sur celle là j’ai peut-être shooté un chouïa trop tôt parce que j’ai dégainé trop tôt justement… et que la miss m’a, du coup, repéré. Résultat, j’ai déclenché, pour sauver le cliché, avant qu’elle ne s’écarte trop sur sa droite - à l’origine je voulais l’avoir au centre du trottoir, avec la rue en enfilade. Un cliché que j’aime bien quand même, je trouve la posture figée sympa. J’aime bien aussi le contraste avec le tas de poubelles et le fait qu’elle se détache de la masse en arrière-plan.
(NYC, NY, septembre 2011, iso 160, f1.4, 1/3000 sec.)




