Les opticiens s’évertuent à produire des objectifs éliminant au maximum le flare, une aberration optique due à la diffusion de la lumière dans l’objectif. Quand la source lumineuse facteur de flare est dans le cadre et elle a alors tendance à générer halos et autres artefacts. Comme sur cette photo prise en pleine nuit dans un coin charmant des Cantons de l’Est.
Dans l’absolu, le flare c’est mal. Ca n’est pas réel, ça n’a rien à faire dans une photo, dira le réaliste. Ca fait chuter le contraste, objectera le coloriste. Ca a des effets incontrôlables pointera le fan d’argentique.
Certes, mais en numérique, l’effet devient contrôlable, en partie, puisqu’on peut recommencer jusqu’à être satisfait du résultat, comme sur le cliché du bas, pris à Cape Cod.
Dans les deux cas, le halo fait partie intégrante de la photo, donnant dans un cas un petit côté surréaliste à la scène, dans l’autre une touche de nostalgie au couchant.
Pour la première photo, j’ai atteint l’effet recherché du premier coup, en dépit ou peut être grâce à un taux d’alcoolémie de sortie de mariage. Dans le second, ce fut plus laborieux, malgré ma totale sobriété. J’avais du mal à garder du contraste en ayant un minimum de halo.
Il faut dire que le Noctilux, qui a servi au cliché de nuit, flare facilement, il est de fabrication plus ancienne. Alors que le Summilux 35, en bonne optique ultramoderne, est plus dur à prendre en “défaut”.
Le pied, si j’ose dire, avec les optiques à très grande ouverture comme le Noctilux f1 qui m’a servi pour cette photo, c’est qu’on peut shooter en pleine nuit et, surtout, détacher son sujet de son environnement.
Là, je voulais le point sur ces talons gigantesques, qui se détachent, par leur noirceur, du bitume. La vitesse devait être suffisamment lente pour permettre un filé en arrière plan. J’ai pris la plaque d’égout dans le cadre à droite pour fermer la photo. Et j’ai essayé de shooter au moment où le taxi dépassait la jeune femme. Bingo.

